Par les routes, Sylvain Prudhomme

Par les routes, Sylvain Prudhomme

Résumé de l’éditeur / 4eme de couverture – L’Arbalète Gallimard

« J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie. »

Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.

Mon avis

Sacha retrouve un ancien ami, « l’autostoppeur », en emménageant dans une nouvelle ville. Il rencontre la femme de son ami et son fils. Ce personnage sans nom mène une vie étrange, il part souvent de chez lui en stop, et sillonne la France de village en village, sans destination finale. Il disparait parfois pendant des mois, avec comme seul moyen de communication, quelques cartes postales. Le but de ses voyages : rencontrer les personnes qui l’accueillent dans leur voiture et partagent un bout de chemin avec lui. Quand l’autostoppeur est sur la route, sa femme et son fils restent seuls. Sacha va progressivement occuper une place étrange dans leur vie.

Certains passages sont beaux et lumineux. Le style est subtil, presque lancinant. L’auteur parvient à esquisser la complexité des relations amicales, les trajectoires qui s’entrecroisent, la recherche de sens de notre existence.
Mais malgré cela, je me suis ennuyée. Le personnage de l’autostoppeur m’a agacée, et les liens qui unissent les trois personnages principaux et leurs actions m’ont semblé vains, comme si l’histoire tournait en rond. J’ai lu certaines passages avec plaisir mais il manquait quelque chose à l’ensemble du roman. Par les routes est un roman mélancolique et déroutant, qui ne m’a pas touchée.

Extraits

« Étais-je devenu négligent. Était-ce simplement que l’amour m’intéressait moins. L’esseulement ne m’effrayait pas. J’ai toujours eu, dans la solitude, d’intenses moments de joie, qui alternent bien sûr avec d’intenses moments de tristesse, mais tout de même: je suis d’une nature globalement disposée au bonheur. »

« À rebours de Flaubert, j’avais décidé de retenir le temps. De freiner autant que possible son passage en opérant le contraire d’une ellipse – un ralentissement par saturation, dilatation, restitution de chaque instant dans ses ramifications, son buissonnement inépuisable de détails, d’images, de sensations, de réminiscences, d’associations. »

« Elle comparait les mots à de vieux soldats au service de la langue depuis des siècles. Elle disait qu’ils ne nous arrivaient pas tout neufs, qu’ils avaient servi dans bien des batailles avant les nôtres. Que choisir un mot plutôt qu’un autre c’était faire entrer dans son livre un vétéran avec toute une histoire, toute une mémoire, il ne fallait pas se tromper ou c’était la troupe entière des mots choisis jusque-là qui risquait de se trouver dépareillée. »

« Devine où il a dormi hier soir.
Devine où il a passé la nuit roulé dans son duvet, il est fou, devine, dans un hangar à planches à voile, est-ce que tu peux le croire, dans un hangar à planches à voile non mais qui m’a fait un mec pareil, et racontant cela je pouvais voir qu’elle était fière, mon mec dort en novembre dans un hangar à planches à voile et m’appelle à l’aube pour me dire qu’il m’aime, je sentais que cette pensée lui plaisait, qu’elle goûtait leur liberté à tous les deux, celle de l’autostoppeur mais la sienne aussi, sa liberté de femme capable d’aimer un homme au loin, de l’aimer même sur les routes, même absent, de l’aimer avec ces absences – pour ces absences. »

« C’était comme s’il avait toujours besoin que sa trajectoire en frôle d’autres. Comme si son appétit, sa curiosité, sa faim lui rendaient viscéralement impossible de renoncer à la multitude des rencontres possibles. Peut-être avait-il, plus qu’un autre, conscience de la foule de vivants lancés en même temps que lui dans la folie de l’existence. Peut-être percevait-il avec plus d’acuité leur présence autour de lui, pareillement occupés à vivre, à aimer, à mourir. »

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