Lettre à un jeune poète, Rainer Maria Rilke

Lettre à un jeune poète, Rainer Maria Rilke

Résumé de l’éditeur / 4ème de couverture – Poésie Gallimard

«Les Lettres à un jeune poète sont tout autant des lettres écrites par un jeune poète – Rilke a vingt-sept ans lorsqu’il répond pour la première fois, trente-deux ans lorsqu’il écrit la dernière lettre publiée – à un jeune homme dont la figure précise reste dans l’ombre de sorte qu’il devient, pour ainsi dire, l’éponyme, moins d’un âge, que d’une période de la vie, définie par un type de dilemmes. La force de ces lettres et leur très vaste lectorat tient d’abord à ceci que ce qu’on lit dans les réponses de Rilke prend un tour quasi universel en même temps qu’il y a suffisamment d’indications particulières pour ancrer la personne de Franz Kappus dans une réalité individuelle. C’est que ce dernier traverse ce moment inévitable, mais irréductiblement singulier dans l’expérience, au cours duquel chacun s’efforce de « passer » vers le monde adulte et de parvenir à être enfin vraiment soi-même : « Ne vous laissez pas troubler dans votre solitude par le fait que quelque chose en vous cherche à s’en évader. C’est précisément ce désir qui, pourvu que vous en tiriez parti calmement, à la façon d’un outil, et sans vous laisser dominer par lui, peut vous aider à étendre votre solitude à de vastes domaines […]. Mais l’apprentissage est toujours une période longue et close… » Par la suite, Kappus a voulu, avec beaucoup de justesse et d’exactitude dans la reconnaissance, rendre hommage à celui qui, à ce moment-là, lui a permis d’accomplir ce passage.»

Mon avis

Dans ses lettres au jeune Franz Kappus, Rainer Maria Rilke partage son savoir, conseille avec bienveillance et expose ses réflexions sur l’écriture et l’existence. Si la majorité des lettres porte sur l’art d’écrire, certains thème comme le passage à l’âge adulte et l’amour, parviennent à happer tout type de lecteur par son universalité.
Le style très lyrique et ouvragé du poète est agréable, certains points très justes. Mais j’attendais sans doute un peu trop de cet ouvrage finalement assez bref. Le ton didactique m’a empêchée d’y plonger complètement.
J’ai donc lu Lettre à un jeune poète avec plaisir, mais ayant entendu tant de personnes pour qui ce livre a été un bouleversement, je n’ai pu m’empêcher d’être un peu déçue.

Extraits

« Il n’existe qu’un seul moyen : plongez en vous-même, recherchez la raison qui vous enjoint d’écrire; examinez si cette raison étend ses racines jusqu’aux plus extrêmes profondeurs de votre coeur; répondez franchement à la question de savoir si vous seriez condamné à mourir au cas où il vous serait refusé d’écrire. Avant toute chose, demandez-vous, à l’heure la plus tranquille de votre nuit : est-il nécessaire que j’écrive? Creusez en vous-même en quête d’une réponse profonde. Et si elle devait être positive, si vous étiez fondé à répondre à cette question grave par un puissant et simple «je ne peux pas faire autrement », construisez alors votre existence en fonction de cette nécessité jusque dans ses moindres instants les plus insignifiants, votre vie doit être le signe et le témoin de cette impulsion. »

« Lorsqu’on s’aperçoit un beau jour que leurs occupations sont piètres, leur métier figé et qu’ils n’ont plus
de lien avec la vie, pourquoi ne pas continuer, tel un enfant, à porter là-dessus le même regard que sur ce qui est étranger, d’observer tout cela à partir de la profondeur de notre propre monde, à partir de toute l’ampleur de notre solitude personnelle qui est elle- même travail, situation et métier? Pourquoi ne pas échanger la non-compréhension intelligente d’un enfant contre le rejet et le mépris, puisque aussi bien ne pas comprendre c’est être seul, tandis que rejeter et mépriser c’est participer à ce dont on veut se séparer par ce biais-là ? »

« Il faut qu’il soit immense le silence qui offre le cadre où ont lieu de tels vacarmes et de tels mouvements, et si l’on songe que, à tout cela vient s’ajouter et consonner la présence de la mer lointaine, peut-être comme la sonorité la plus profonde au sein de cette harmonie préhistorique, on peut seulement souhaiter que vous laissiez, patiemment et en toute confiance, cette grandiose solitude accomplir en vous son travail, solitude qui ne pourra plus jamais être effacée de votre existence, et qui, dans tout ce que vous aurez à vivre et à réaliser, agira continûment et de manière discrètement décisive, telle une influence anonyme, un peu comme en nous le sang de nos ancêtres court sans cesse et se fond avec le nôtre pour produire un composé unique qui ne se répétera jamais, ce que nous sommes à chaque tournant de notre vie. »

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