Babayaga, Toby Barlow

Babayaga, Toby Barlow 

 

Résumé de l’éditeur

Paris, 1959. Un homme est retrouvé empalé sur la grille d’un jardin public. La Ville Lumière plonge dans les ombres, envoûtée par les babayagas, sorcières venues du fond des siècles et des steppes russes. L’inspecteur Vidot enquête. Mais qui se frotte aux babayagas s’y pique, et voici bientôt notre Colombo des faubourgs transformé d’un coup de baguette magique… en puce, contraint de poursuivre sa diabolique et charmante ennemie en sautant de chien en rat. Son chemin croisera celui du naïf Will, jeune publicitaire américain expatrié travaillant à son insu pour la CIA et empêtré dans un imbroglio dont seule l’ensorcelante Zoya semble pouvoir le sortir – à moins qu’il ne soit sa prochaine proie…

Mon avis 

Véritable aventure, mêlant magie et enquête policière, « Babayaga » est un tourbillon de rebondissements. Tout commence avec la découverte du corps d’un homme, assassiné dans une situation étonnante. Autour de cet événement gravitent nos trois personnages principaux. L’inspecteur Vidot est chargé de l’enquête mais en remontant  une piste prometteuse il va se retrouver face à une sorcière malveillante venue de Russie. Zoya, la maîtresse de l’homme assassiné, est elle aussi une sorcière, charmante et manipulatrice, traquée par une des siennes, elle utilise les hommes pour arriver à ses fins. L’une de ses prochaines proies est Will, un américain travaillant pour la CIA, expatrié en France. Il va se retrouver embarqué, sans s’en rendre compte, dans de complexes histoires d’espionnage et de meurtre. En toile de fond, on devine les enjeux et les conflits de la guerre froide, les opérations secrètes, la méfiance.

Toutes ces intrigues, à peine reliées au début du roman, vont finir par s’entremêler et se rejoindre. J’ai savouré cette ambiance délicieusement magique, ce mélange de genre improbable et réussi. C’est parfois drôle, sulfureux, puis palpitant, le ton est sérieux puis léger, des histoires d’espions russes se mêlent aux incantations magiques des sorcières, on est transporté dans des lieux variés, du commissariat à Paris aux forêts de Russie. On pourrait reprocher à l’histoire d’être un peu désordonnée, le lecteur ne sait plus ou donner de la tête à certains moments. Mais pourtant j’ai adoré ce fourmillement d’actions et d’intrigues, ce rythme effréné qui ne laisse pas un moment de répit au lecteur.

Au delà de l’intrigue, l’histoire de Zoya et de son passé, les épreuves qu’elle a traversé et la lutte qu’elle a mené toute sa vie pour enfin être libre, insuffle au roman un féminisme qui m’a ravie. Derrière son apparence de femme manipulatrice, c’est surtout un personnage d’une incroyable force, qui s’est battue, et qui ne compte que sur elle-même.

« Babayaga » m’a tenu en haleine du début à la fin, j’ai été charmée par l’histoire de ces sorcières, le folklore russe, cette aventure effrénée et fascinante dans les rues de Paris.

« En observant son reflet dans le miroir de la salle de bains, elle discerna la centaine d’années qu’avait duré cette course, cette fuite sans fin. Elle en connaissait les rythmes par coeur, le vrombissement métallique, électrique, et savait les étapes qu’elle allait suivre désormais. Elle entendait le tempo naissant, la mélodie de cette danse si familière. Cette quête menait aux coeurs jamais rassasiés, aux yeux lascifs et pénétrants, aux mains baladeuses et présomptueuses, aux êtres qui croient que tout ce qu’ils touchent leur appartient. »

« Elle se souvenait du calme des lâches, de leur regard entendu quand ils se blottissaient les uns contre les autres et que résonnait détonations écrits ; ensuite le claquement des bottes d’éloignaient tandis que les pilleurs se dispersaient avec leur butin, et un parfait silence de mort régnait enfin. Pelotonnée dans ces ténèbres, pétrifiées, collée à eux, épaule contre épaule, avec le souffle de la peur du voisin sur la nuque, elle avait appris que lâche étaient souvent synonyme de survivant. »

« Une fois dans le hall, avec son plafond haut, ses nymphes, ses riches moulures, son miroir cerclé d’or, ses grandes portes de verre et ses longs rideaux, Noëlle songea que cela ressemblait en tout point à n’importe quelle cathédrale, ou palais, ou musée : tout cela n’était que de magnifiques exagérations qui servaient à faire croire que les hommes étaient bien plus que des bêtes ordinaires. Tout les vastes espaces n’étaient rien d’autre que des illusions d’optiques, similaires aux boîtes à miroir truquées que les magiciens utilisaient, et ne servaient qu’à tenter de donner au pâles créatures qui se trouvaient là le sentiment d’incarner les dieux tout puissants qu’elles rêvaient d’être. »

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