Je me suis tue, Mathieu Menegaux

Je me suis tue, Mathieu Menegaux

 

Résumé de l’éditeur 

Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s’ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s’expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…

Mon avis

« Je me suis tue » est un très court roman, intense et choquant. On suit l’histoire de Claire, parisienne, mariée, sans enfants, qui vit une vie tranquille qui la satisfait parfaitement. Mais un soir en rentrant seule chez elle un événement tragique va tout faire basculer. On sait dès le départ que Claire nous raconte ce qu’il s’est passé depuis une prison où elle est enfermée. On sait qu’elle est condamnée pour un crime très grave qui entraine même son isolement, elle ne peut pas côtoyer les autres détenues. Tout de suite, on a terriblement envie de savoir pour quel acte elle a été condamnée et surtout ce qui l’a amenée à commettre un tel geste.

On revient donc dans le passé, lors de cette nuit fatidique. Quelque chose de monstrueux va lui arriver. En assistant à cela on ne peut être que choqué et ressentir soudain une immense compassion pour Claire. À partir de ce moment précis, elle va vivre une véritable descente, elle enchaîne les mauvais choix, elle s’isole, s’enferme dans un silence qui sera sa pire erreur et qui causera sa fin. Claire m’a beaucoup agacée et j’étais en contradiction avec ses pensées et ses actes, mais peut-on vraiment la juger ? Ce qu’elle a vécu brouille-t-il complètement son bon sens ? Claire va sombrer, on assiste à sa chute, impuissants, et au fil des pages on voit se dessiner la terrible fin. Cette fin on la devine, mais on ne veut pas y croire.

« Je me suis tue » vous tombe dessus comme une claque. L’auteur joue avec cette fine limite entre le rôle de victime et de coupable. La pitié et le dégoût que l’on ressent face à Claire se mêlent. Le lecteur ne sait plus quoi penser et on ressort de cette lecture complètement retourné, presque écoeuré.

« De fouilles impromptues en douches communes, apprendre à oublier sa pudeur, son intimité et sa féminité. Attendre. Conjuguer le verbe attendre, à tous les temps. J’ai passé deux années à attendre. À attendre que la justice accélère enfin pour que démarre mon procès, à attendre que tombe le couperet, la sanction que j’appelle de mes vœux, histoire d’expier enfin en paix et de tenter de redonner un sens à ma vie. Naïve, je croyais encore aux fadaises du catéchisme, à l’éventualité d’une rédemption après la punition. »

 

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