Bord de mer, Véronique Olmi

Bord de mer, Véronique Olmi

 

Résumé de l’éditeur 

Une femme offre à ses fils deux jours de vacances à la mer. Espérant fuir l’angoisse du quotidien, elle entre dans l’irrémédiable renoncement.
Elle vit seule avec ses deux petits et pour la première fois les emmène en vacances. Cette escapade doit être une fête, elle le veut, elle le dit, elle essaie de le dire.
Ensemble ils vont donc prendre le car. En pleine nuit, sous la pluie, faire le voyage. Mais les enfants sont inquiets : partir en pleine période scolaire, partir en pleine semaine, partir en hiver à la mer les dérange. Et se taire, et se taire, surtout ne pas pleurer, surtout ne pas se faire remarquer, emporter toutes ses affaires pour se rassurer, juste pour se rassurer, pour ne plus avoir peur de la nuit. Car demain tout ira bien, demain ils seront heureux. Au soleil, ils iront voir la mer.
Dans une langue âpre, empreinte de poésie, de tendresse et de révolte, Véronique Olmi compose une histoire simple et bouleversante. Car ce roman est aussi un cri, dérangeant, terrifiant comme une lame de fond, un miroir…

Mon avis

« Bord de mer » est un récit terriblement sombre. Pendant ce voyage dont on ne comprend pas tous les enjeux, l’ambiance se fait de plus en plus pesante. Comme la ville décrite, l’air est moite, tout est enveloppé dans une sorte de brouillard inquiétant, le soleil est absent.

La mère des deux garçons est un personnage dérangeant, à la fois touchant par son amour pour ses enfants, sa volonté de leur faire plaisir, mais son obsession avec la mer et sa peur constante nous mettent mal à l’aise. On ressent bien que quelque chose ne va pas chez elle, sans être frappant ses réactions, ses pensées, laissent deviner qu’elle n’a pas toute sa raison.

Ce voyage à la mer est un événement marquant et leur devrait leur permettre de s’échapper de leur quotidien, mais du trajet en car, à la découverte de l’hôtel crasseux, la pluie incessante, les pleurs inexpliqués de la mère, ce voyage m’a frappé par sa tristesse. L’ambiance lourde est omniprésente, tout respire la misère et le désespoir. La fin est prévisible, inévitable, mais choquante.

« Bord de mer » est un court roman au style sec et tranchant, une histoire implacable, c’est la misère de cette famille, la détresse de cette mère que personne ne veut voir.

« J’ai pensé à ça et puis je me suis endormie. J’avais pas pris mes médicaments et pourtant cette nuit là personne s’est assis sur moi. Cette nuit là j’étais pareille aux autres. La fatigue du voyage, les émotions et sûrement aussi le besoin de ne pas penser à ce qui m’attendait. J’ai dormi comme en plein jour. Sans rêve. Sans image. Sans être bien ni mal, sans vivre peut-être, oui j’ai dormi comme une morte dans cette ville inconnue mais je savais encore que le lendemain les mômes découvriraient la mer. »

« Je reconnaissais pas mon petit garçon, on s’est regardés en silence, il était rouge, épuisé, les yeux agrandis , il soufflait fort, comme s’il pleurait sans larmes. Rentre immédiatement ! j’ai crié. Et là ses yeux se sont enfoncés dans les miens. Renter, rentrer, bien sûr c’était stupide, y avait nulle part où renter, je le savais bien et pour finir c’est moi qui ait baissé les yeux. On est restés comme ça sans rien se dire, à reprendre notre souffle, à essayer de se reconnaître et derrière nous la mer battait le sable, on se baladait pas sur cette plage, on se poursuivait, c’est tout. » 

« Voilà comment j’aurais dû passer le restant de mes jours : au lit avec mes gosses, le monde on l’aurait regardé comme on regarde la télé : de loin, sans se salir, la télécommande à la main, le monde on l’aurait éteint à la première saloperie. »

« Maintenant la mer devait être noire elle aussi, comme ce ciel rétréci. La mer était gonflée de marins morts jetés dans ses eaux, Tout doux. La mer était un grand cimetière flottant et froid. Est-ce qu’il y avait encore le château ensorcelé de Kevin sur la plage ? Est ce que l’océan avait avancé jusqu’à lui pour en faire qu’une bouchée ? et tous ces coquillages … d’autres mômes les ramasseront, quand l’eau sera toute bleue et que le soleil aura crevé le ciel. Il y en aura plein les classes, des coquillages morts, des mots d’excuse ramassés sur les plages. »

 

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