La fièvre de l’aube, Péter Gárdos

La fièvre de l’aube, Péter Gárdos

 

Résumé de l’éditeur 

1945, Suède. Jeune Hongrois rescapé des camps, tuberculeux, Miklós a six mois à vivre, et prend une folle décision : se marier et guérir. Parmi les cent dix-sept réfugiées à qui il écrit : Lili Reich, survivante elle aussi. Bravant un monde où le bonheur semble impossible, ils soulèveront des montagnes pour se retrouver… À leur fils, Péter Gardos, de conter le roman vrai de cet amour fou. Un roman incroyable et incroyablement beau, où vibrent l’Histoire, terrible, et l’Amour, lumineux.

Mon avis

« La fièvre de l’aube » c’est l’histoire de ces deux rescapés, dans un pays qui n’est pas le leur, malades, sans nouvelle de leur famille. Ces deux personnages vont alors commencer une correspondance. D’abord polis et réservés, leurs échanges vont devenir plus passionnés et intimes aux fils des semaines. Sans s’être jamais rencontrés, ils vont peu à peu tomber amoureux.

On connait en partie l’issue de leur histoire étant donné que c’est leur fils qui nous la raconte. Cependant on assiste avec attention à la naissance de cet amour, les différents obstacles qui se mettent en travers de leur rencontre, la maladie, la distance, la jalousie. Le contexte est difficile, Miklós a vu des choses qui l’ont profondément marqués pendant la guerre, et il en ressort traumatisé. Mais le récit ne s’appesantit pas sur cet aspect de l’histoire, car c’est la relation entre Miklós et Lila qui est mise en avant.

Quand ils vont se rencontrer et se voir pour la première fois, on assiste à ce moment si particulier, un mélange de gêne et d’excitation. Forcément l’autre  n’est pas exactement comme on l’avait imaginé, s’ils sont déjà proches grâce à leurs lettres, leurs corps eux ne se connaissent pas, et leur le moment de leur rencontre décrit avec justesse et douceur ce décalage touchant.

« Mon père approchait dans l’épais rideau de neige. Faute de mieux, une demi-heure auparavant, il avait rafistolé le verre gauche de ses lunettes avec du papier journal. Il y avait laissé une petit fente afin que son œil gauche pût voir lui aussi quelque chose. Le papier avait été découpé dans le numéro du jour de l’Aftonbladet. Mon père approchait sur le quai enneigé, le manteau emprunté à Màrta, trop grand pour lui de deux pointures, flottait autour de ses chevilles, et il semblait avoir des larmes dans les yeux, peut être à cause du froid, peut être à cause de l’émotion. Cela se voyait à son œil, à plusieurs mètres de distance, derrière l’épais verre droit de ses lunettes. Et il souriait largement, de ses dents de métal »

« La fièvre de l’aube » c’est un amour pur et lumineux, un éclat dans la nuit, plus fort que la douleur, un peu idéalisé et lisse, mais qui, à la lecture, nous emplit d’espoir.

 

 

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